Histoire de roches

Maripasoula

 La roche gravée du Marouini

Lors d’une mission de prospection pour retrouver la roche gravée du Marouini, un état des lieux de la roche principale a été réalisé car était déjà signalée par Jean Hurault.

 La roche A

 Il s’agit d’une roche principale découverte par Jean Hurault en 1948 lors d’une mission de relevés astro-géodésiques et de délimitation de la frontière avec le Brésil. Rappelons qu’il avait dénombré 24 gravures sur ce rocher sur lequel l’équipe de recherche décompte actuellement environ 165 figures.

 La roche Marouini est, en Guyane, d’un intérêt tout à fait exceptionnel. Il s’agit d’un bloc de granite oblong de 17 m de long qui présente deux sommets formant un méplat sur lequel aucune gravure n’a été observée et où Jean Hurault avait implanté la borne. Cependant les flancs amorçant les deux parties du rocher présentent des gravures importantes.

 L’exploitation informatique des données recueillies sur les roches gravées en Guyane est réalisée par la Société SATTAS (Société Américaine de Topographie et de Topographie Appliquée au Spatial), sur du matériel appartenant au Centre Spatial Guyanais. Le travail effectué sur les roches du Marouini fut assuré par Didier Bironneau.

 L’importance de son registre iconographique place cette roche au premier plan des sites à pétroglyphes d’Amazonie. Sur la roche du Marouini, toutes les techniques de gravure remarquées en Guyane sont présentes et le registre iconographique est varié. On peut également observer des mises en scènes, notamment les scènes de pêche et chasse.

 La scène de l’homme et du jaguar

 Cette scène est la plus remarquable, le personnage est de grade taille 1 m 25 de haut, il est sourtout imposant par sa largeur et l’importance de ses membres qui sont longs et pourvus d’extrémités, mains et pieds, très larges. Il est doté d’un troisième bras très net et on peut se demander s’il n’en possède pas un quatrième. Il faut reconnaître qu’il doit porter à lui seul deux casse-tête, un arc, des flèches et une hache.

Son abdomen est représenté par un cercle et il porte, fait assez rare, un calimbé (tissu rouge porté par les amérindiens pour protéger le sexe).

 Apparemment, ce grand chasseur a dû abattre le jaguar représenté à ses côtés qui lui même aurait attaqué et renversé le petit « homme » qui se trouve sous la tête du jaguar. L’objet représenté près du jaguar nous semble une partie de la composition ; il a été répertorié en « non identifié » mais, après réflexion, il semblerait bien pouvoir être un casse-tête, peut être celui tenu par le petit personnage avant d’être renversé. Ce dernier pourrait peut être représenter un enfant.

 Les techniques utilisées dans cette composition sont de plusieurs ordres :

-         le trait, profond pour les membres du chasseur et plus fin pour les instruments de chasse : arc, flèches, casse-tête. Le trait est effectué par passages successifs pour obtenir une incision profonde, après que l’amorce ait été réalisée par une succession de points jointifs.

L’incision fournissant un trait régulier, étroit et poli n’est guère utilisé au Marouini, contrairement au site de la Carapa où il s’agit de la technique principale. En revanche, le piquetage est très présent.

-         Le piquetage avce bouchardage pour la tête du chasseur, son abdomen, le calimbé et les pieds.

-         Le bouchardage puis le raclage pour la hache. L’intérieur ayant dû ensuite être lissé pour donner une impression de bas-relief.

-         La ponctuation disjointe pour la représentation du jaguar ; seule la tête a fait l’objet d’un rajout au trait pour bien la délimiter.

 Les scènes de pêche

 Plusieurs représentations évoquent un fait de pêche. Cinq cas sont évidents. Le personnage est toujours de taille relativement réduite alors que le poisson, en principe, tenu à bout de bras, est démesurément grand, sauf une exception qui présente des proportions réalistes. Pour les grands poissons on peut penser à l’aïmara fréquent dans les rivières et criques du sud de la Guyane et de taille souvent impressionnante.

 Les bancs de poissons sont assez spectaculaires, gravés en lignes verticales le long de la paroi. Les poissons figurés dans cette file  sont de facture différentes de ceux représentés isolément ou en trophée. Plus petits, même parfois très petits, ils ont une forme plus large et trapue qui peut faire penser au piraïe ou au pacou.

 La réalisation de ces frises de poissons a certainement représentée un travail considérable demandant rigueur et maîtrise. On peut  constater que dans la vie des artistes du Marouini le poisson tenait une place primordiale. Cela n’étonne guère si on considère la richesse halieutique des rivières de Guyane et la saveur de toutes leurs variétés de poissons qui sont la base alimentaire des peuples de la forêt.

 L’oiseau est également bien représenté sur la roche A ainsi que sur la roche B. Il bénéficie souvent d’une gravure bien nette et élaborée. Dans tous les cas, il s’agit d’échassiers aux corps frêles avec de longues pattes, parfois très longue où les doigts sont figurés dans de nombreux cas.

 Parmi les gravures, on peut observer que certaines figures sont réalisées avec beaucoup de soins et surtout de façon très accentuée avec des traits profonds ou des piquetages très travaillés alors que d’autres paraissent faites de façon plus rapide et sans réel investissement de la part de l’auteur. On trouve également des éléments qui ne semblent pas terminés : silhouette humaine inachevée, poisson piqueté seulement sur une partie, etc…On a aussi le sentiment que certaines gravures sont beaucoup plus anciennes que d’autres. Par exemple, sur la face nord, on peut voir un rectangle en partie effacé où l’on devine les points et l’axe central qui composent les symboles. On observe aussi quelques rares recoupements comme par exemple un oiseau et un poisson.

 La roche B se trouve à quelques mètres du gros rocher. Il s’agit d’un bloc subcirculaire de 6 m de long sur 5 m de large, qui présente sur ses arêtes de larges écailles de desquamation. La technique utilisée pour les gravures est la même que pour la roche A : piquetages, ponctuations, zones grattées…

 On trouve sur cette roche 7 oiseaux, 2 anthropomorphes, 9 singes, 1 poisson, 2 zones non identifiées.

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