L’église de Montsinéry

cimg0032.jpgConstruite entre 1860 et 1902, elle fut vouée à Saint-Jean Baptiste jusqu’en 1913 puis à l’Immaculée Conception sous le parrainnage de Madame Gasquet épouse Faniez.

La première église était sise à l’habitation Risque-Tout d’après un plan datant de 1848 y désignant son emplacement, celui du presbytère, de la maison du maître ainsi que les cases à nègres. Les activités principales étaient l’agriculture, la pêche et la fabrique de briques sur la propriété de monsieur Thoulouse commissaire commandant du quartier. Les habitations de messieurs Lambert et Thoulouse constituaient le gros du quartier de Mont-sinéry qui en comportait d’autres de moindre importance.

En 1879 les quartiers de Mont-sinéry et Tonnégrande dépendant de Cayenne sont regroupés en une commune avec pour chef-lieu le bourg de Tonnégrande, puis Montsinéry. L’habitation Risque Tout est le centre vital de l’ancien quartier de Mont sinéry ; cependant dans la session extraordinaire du Conseil général du mois de juin 1890, l’administration propose le transfèrement du bourg pour raison d’insalubrité tandis que la tradition orale rapporte les difficultés de déplacement des biens, des personnes et des dépouilles mortelles jusqu’à Risque tout. Il est donc préconisé de rapprocher le bourg du fleuve le Mont-sinéry.

Après discussion l’assemblée adopte le transfèrement du bourg et par arrêté du 12 août 1860, les formalités établissent le déplacement du bourg des lieux appelés Lambert et Thoulouse sur la propriété Viriot dite Beaurivage. La commune bénéficie alors à titre gratuit d’une main d’œuvre pénale issue de la Transportation.

Les travaux préparatoires consistent au déboisement du nouveau bourg sur une superficie de 236m e long sur 223m de large. Les travaux proprement dits comprennent les constructions de la nouvelle mairie, d’un petit bâtiment pour la police, la poste, l’église et on presbytère. En plus des bagnards, le service local prend en charge l’érection du nouveau centre.

Le projet du nouveau bourg sur la rive droite du Mont sinéry en 1897 détermine l’emplacement de la mairie, de l’église et de sa dépendance. Le plan d’exécution des maçonneries de l’église de Viriot, nom donné au bourg en l’honneur du généreux donateur  permet le démarrage du chantier ; deux ouvriers d’art de l’administration pénitentiaire restent sur place pour effectuer les travaux qui se terminent en 1901.

L’église est située au centre du bourg, orientée à l’ouest, faisant face au fleuve. Elle se compose d’une nef centrale à travées cantonnées de bas côtés plafonnés. La travée qui supporte le clocher est construite en briques enduites sur ses deux niveaux surmontés d’un fronton triangulaire en bois, tandis que l’étage supérieur de la nef est en planches de bois horizontalement placées.

A l’intérieur, la voûte en bois qui couvrait la nef a disparu depuis la fin des années 50, en même temps que le chemin de croix ; le chœur formé d’une abside pentagonale est séparé de la nef par un emmarchement en arc de cercle qui a conservé sa grille de communion. L’ensemble des ouvertures sauf les deux fenêtres du chœur et celles des façades longitudinales des bas côtés sont en arc-brisé en briques apparentes comme le plan de 1894 l’indique. L’autel central est avancé par rapport à son emplacement originel, et i a perdu son tabernacle et les deux petits autels latéraux qui existaient. L’ancienne croix en fer forgé qui surmontait le clocher avant la restauration des couvertures est conservée dans la sacristie.

L’autel

Cet ouvrage a été réalisé au milieu du XIXeme siècle à l’instigation de la Congrégation des Sœurs de Saint Paul de Chartres. En 1985 il fut rénové par l’atelier de Monsieur J.J.Di Tucci de Tonate.

Le bâti est une construction très soignée et très classique en menuiserie ; une traverse latérale à ses extrémités à double tenon moucheté permet l’assemblage aux piliers verticaux. Les travers et les piliers sont rainurés et reçoivent les panneaux latéraux, le panneau postérieur étant enchevillé. Bâti et panneaux ont été découpés dans un des bois les plus appréciés en Guyane : l’acajou, choisi pour ses qualités d’usinage et de durabilité.

Les panneaux, piliers et traverses sont plaqués d’un fin parement de dialium bois dense peu commun en bandes de 11cm de largeur sur 2mm d’épaisseur collé sur l’acajou avec de la colle de poisson, pratique très répandue au 19ème siècle. Les sculptures de l’autel évoquent la richesse majeure de celui-ci, présentant en bas relief ciselé dans un bois clair (cèdre jaune) sous forme de triptyque. 3 volets sont isolés par des éléments décoratifs donnant un effet d’équilibre et de rythme ; En 1984-85 sa restauration a été délicate car le morcèlement et l’état du meuble le rendait impossible ; il fallu construire un nouvel autel sachant que la technique du placage du dialium ne pouvait être reproduite.

La satinée (une rosace) sera choisi pour le bâti et les panneaux ; les arcatures, les accolades et le triptyque sont collés sur le fond comme par le passé. Certains éléments ancien en moutouchy de montage seront récupérés pour y sculpter 2 fleurons disparus ; quant à l’assemblage à double tenon et mortaise, il sera maintenu chevillé.

Le baldaquin du passé, une flamme à chaque angle à l’avant surmonte un empattement formé par un cube de wacapou auquel elle est tourillonnée tandis que le cube lui-même est fixé au pilier d’angle par deux chevilles volantes superposées. Pour donner un effet de profondeur à l’observation du triptyque comme par le passé, le plateau de l’autel fait légèrement sailli au-dessus d’un filet rapporté et un parement inférieur en wacapou élargit la base de l’autel souligné par un filet d’ébène verte.

2 piliers centraux du bâti, antérieurs en satiné isolent les 3volets sculptés. Chaque pilier de pilastres a été taillé verticalement dans le cœur dur et coloré d’une bille de bois de lettre ; chaque pilastre se projette vers le haut par des flèches en ébène verte de fins fleurons. Les accolades avec leur fleurons ou le pendentif central ont été scrupuleusement rajoutées ; l’autel a été fermé par un tablier en saint martin rouge dans sa partie postérieure et porte à nouveau la plaque ; le plateau a été reconstitué autour d’une petite plaque de marbre sertie dans un double cadre de wacapou et de loupe d’angélique.

Le triptyque présente la finesse du travail, l’originalité réalisée à travers les visages qui sont tous différents et ce style ressemble à celui du gothique flamboyant sous une de ses variantes les plus raffinée : le gothique fleuri qui fut très développé au 15ème siècle. Le choix des bois confirme la volonté d’élégance, de finesse et de couleurs.

 

 

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"Eldorado, Enfer vert, terre du bagne", tous ces surnoms font la réputation de la Guyane, mais "a mo ti koté" parce que mon pays m'a vu naître, m'a insufflé dans les entrailles l'amour de ma terre. Mo ti koté a pli bel koté...Mo ti koté, a péi lanmou...Mo ti koté a mo pli bèl richès.

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Salut, moi c'est Patricia, je suis une créole, mère de famille résidant à Cayenne ville capitale de la Guyane, et je suis actuellement en recherche d'emploi. Très impliquée dans la vie associative (culturelle, bienfaisance, apprentissage du savoir faire traditionnel...), je confectionne également des poupées pour les mariages, la déco, ou les poupées en chiffons. J'aime les activités manuelles, la pâtisserie, la cuisine et plein d'autres choses.

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